Les maladies de la vigne

LE MILDIOU
Le Mildiou de la Vigne est une maladie originaire d’Amérique qui fut observée en France vers 1878. Elle est due à une champignon (Plasmospora viticola) qui se développe sur tous les organes verts : rameaux, feuilles, grappes, vrilles.
Sur les feuilles la maladie se manifeste par l’apparition de tâches circulaires d’apparence huileuse (« tâches d”huile ») de couleur jaunâtre. A la face inférieure apparaît une poussière blanchâtre : ce sont les fructifications du champignon qui servent à la dissémination de la maladie.
La maladie entraîne la chute des feuilles et par conséquent un retard de maturité, un degré alcoolique plus faible, un mauvais aoûtement des bois, une plus grande sensibilité au gel, un retard au débourrement, et une incidence défavorable sur la production.

Les premiers traitements sont effectués lorsque les premières tâches de mildiou sont observées dans le vignoble. La lutte pourra être arrêtée au stade début véraison en condition normale.
Le dernier traitement se fera avec des produits de contact et appliqué sur le haut du feuillage afin de protéger celui ci contre le mildiou tardif (dit «mosaïque»).

L’OIDIUM
L’Oïdium de la vigne fit son apparition en France en 1845. Il est dû à un champignon (Uncinula necator) qui se développe sur tous les organes verts.
Sur les feuilles on observe des tâches diffuses de poussières grisâtres. La décoloration est moins marquée que dans le cas du mildiou, à la face inférieure apparaît un feutrage grisâtre.
La partie attaquée du limbe croît plus lentement provoquant la déformation de la feuille qui se crispe. Sur les sarments, le même revêtement poussiéreux grisâtre se développe.
Les grappes et les grains contaminés se recouvrent d’une fine poussière grisâtre qui provoque des nécroses noires. La croissance des parties atteintes est arrêtée, alors que la partie du grain sain continue de croître, par conséquent les baies éclatent et laissent apparaître les pépins.
Ces lésions sont très favorables à la pénétration de la pourriture grise et compromettent la récolte.
Les grappes atteintes d’Oïdium peuvent transmettre des faux goûts au vin.

La conduite du vignoble devra privilégier l’aération de la végétation. Pour cela il faudra raisonner la fertilisation, pratiquer l’ébourgeonnage, faire un effeuillage au niveau de la zone des grappes.

En Alsace la stratégie de lutte consiste à démarrer les traitements au stade « boutons floraux séparés » c’est à dire juste avant la floraison : c’est à cette période que la vigne est la plus sensible. Les traitements se finiront au stade « fermeture de la grappe » voire début véraison en cas de forte pression de la maladie.

POURRITURE GRISE
La pourriture grise est une maladie due à un champignon (Botrytis cinerea) qui se manifeste sur les organes herbacés et sur les grappes :

– la pourriture pédonculaire : qui se manifeste sur le pédoncule et la rafle de la grappe en entraînant un flétrissement et souvent leur chute avant la récolte.
– la pourriture noble : qui se manifeste en période de sur maturation sous certaines conditions climatiques et qui est recherchée pour l’élaboration de vins liquoreux type Vendanges Tardives et Sélections de Grains Nobles.
– la pourriture grise : qui est la forme la plus grave et qui affecte les grains de raisins par temps humide entre le nouaison et la maturité.

Le champignon peut entraîner le dessèchement de boutons floraux avant la floraison et la chute précoce d’une partie ou de la totalité de l’inflorescence.
L’attaque des grains à partir de la nouaison peut être due à la présence de débris de floraison. Les grains prennent une coloration grisâtre, ils brunissent et pourrissent en se couvrant d’un duvet gris. L’infection progresse à partir d’un grain malade vers les grains voisins par contact ou blessure.
Les membres de Tyflo ne sont pas autorisés à utiliser des produits de lutte spécifique contre la pourriture grise. La stratégie de lutte consiste à mettre en place des mesures prophylactiques tels que l’enherbement, la réduction de la fumure azotée, la maîtrise de la vigueur, l’aération du feuillage au niveau de la zone des grappes, et soigner la lutte contre les vers de la grappe et l’oïdium.

LE BRENNER
Maladie due à un champignon Pseudopezicula trachephila. Cette maladie reste limité à quelques secteurs.
Les premiers symptômes sont des tâches jaunâtres sur la périphérie des feuilles en forme de triangle (respecte les nervures). Les symptômes peuvent toucher la totalité de la feuille qui chute prématurément. Les attaques débutent par les feuilles du bas. La chute précoce des feuilles est dommageable pour le cep et peut provoquer une coulure importante.
Le période de sensibilité de la vigne s’étale du stade « 3 feuilles étalées » à « fermeture de la grappe ».
Dans les directives Tyflo, les traitements préventifs sont autorisés sur les parcelles qui ont présenté des symptômes l’année précédente.

LES MALADIES DU BOIS

L’EXCORIOSE
En Alsace quelques rares parcelles sont atteintes d’excoriose. C’est une maladie secondaire, seules les parcelles atteintes pourront recevoir un traitement au stade pointe verte, l’année suivant l’observation des symptômes. Le champignon responsable est Phosmopsis viticola.
Au printemps des nécroses noires sont visibles à la base des rameaux. En hiver l’excoriose se présente sous la forme d’un blanchiment des écorces et à la base des sarments des nécroses sont observées.
Cette maladie fragilise les sarments et rend la taille plus difficile dans le choix des baguettes.

L’ESCA

Cette maladie très complexe (car plusieurs champignons entrent en jeux) se manifeste sur les ceps au moins âgés de 10 à 15 ans présentant des plaies de taille ou des blessures importantes. Les champignons perturbent alors l’alimentation du pied.
Bien que quelques cépages apparaissent plus résistants, aucun n’est à l’abri des attaques qui peuvent provoquer des dépérissements, suivis de la mort des pieds. La maladie peut présenter deux aspects :

  • soit une altération du feuillage : décoloration internervaire qui évolue vers un dessèchement, les raisins grossissent mal, l’aoûtement de l’extrémité des bois ne se fait pas.
  • soit une mort brutale du pied (apoplexie) : pendant les grandes chaleurs (juillet-août) et souvent à la suite d’un orage, le feuillage et les grappes se dessèchent brutalement.

Une coupe dans le tronc malade montre la présence de bois dégradé, clair et mou (amadou) entouré par une zone dure marron.
Aucun moyen de traitement curatif n’existe, seule la mise en place de moyens prophylactiques appliqués par tous les viticulteurs pourra limiter l’extension de ces maladies.
Les méthodes préventives sont :

  • Tailler le plus tard possible
  • Limiter les grosses plaies de taille
  • Protéger les plaies de taille
  • Marquer et sortir les pieds présentant des symptômes, et tous les bois de plus de 2 ans.
  • Brûler les bois ceps malades et morts : ne pas les stocker en zone viticole.

L’EUTYPIOSE

Le développement de cette maladie est lent et irrégulier : les symptômes peuvent disparaître d’une année sur l’autre.
En début de croissance on observe un rabougrissement de la végétation. Les pousses issues d’un bras infecté ont une croissance ralentie et présentent des entre-nœuds très courts, mais réguliers. Plus petites que la normale, les feuilles sont de couleur vert pâle et souvent déformées, avec des nécroses marginales pouvant se généraliser à l’ensemble du limbe. Les inflorescences, si elles ne se dessèchent pas avant la floraison, présentent un port dressé puis subissent en général une forte coulure. Des coupes dans le tronc ou le bras malade montrent une nécrose sectorielle, de consistance dure et de couleur brune.
Les moyens de lutte prophylactique sont les mêmes que pour l’Esca.

VIROSE : COURT NOUE

Une vigne atteinte de court noué présente des symptômes caractéristiques : aspect buissonnant de la végétation (les rameaux sont plus petits que la normale), jaunissement / panachure des feuilles, les rameaux présentent des entre nœuds courts et parfois des doubles nœuds, les grappes présentent des troubles de la fécondation (millerandage, coulure).
Cette dégénérescence est due à un virus qui se transmet soit par le matériel végétal contaminé, soit par l’intermédiaire de nématodes vivants dans le sol et porteurs du virus. Ces nématodes se nourrissent et survivent essentiellement sur les racines de la vigne qu’elles piquent pour se nourrir, transmettant ainsi le virus d’un cep à l’autre.
Les contrôles sanitaires des pieds (plants certifiés) permettent de produire des pieds indemnes de virus.
En revanche l’élimination des nématodes porteurs du virus dans le sol est difficile à obtenir.
Ces nématodes peuvent survivrent plusieurs années sur un morceau de racine. D’autre part elles peuvent se trouver à des profondeurs supérieures à 1,50 m.
La philosophie de Tyflo a été d’interdire les produits de désinfection du sol, il ne reste donc plus comme alternative que la dévitalisation des souches combinée à un repos du sol de plusieurs années.